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Rassemblement le mercredi 07 janvier 2009 dès 08h30

Reprise du procès DHKP-C à Bruxelles

Le procès DHKP-C recommencera dans un contexte de répression accrue envers la gauche turque en Europe


Le procès DHKP-C recommencera ce 07/01 dans un contexte de répression accrue envers la gauche turque en Europe

En juin dernier, la Cour de Cassation a cassé le jugement de la Cour d’Appel d’Anvers qui acquittait -ou condamnait à des peines très légères- les personnes poursuivies dans le cadre de l’affaire DHKP-C [Lire le communiqué du Clea à ce sujet :http://leclea.be/#acharnement ]. Dans ce qui ressemble de plus en plus à de l’acharnement judiciaire, la Cour d’Appel de Bruxelles réexaminera l’entièreté du dossier et jugera du fond de l’affaire. La première audience aura lieu le 7 janvier prochain à 9 heures au Palais de Justice de Bruxelles.

Pour soutenir les militants inquiétés et dénoncer l’utilisation de législations liberticides comme la loi antiterroriste, le Clea appelle à une large mobilisation pour un rassemblement sur les marches du Palais de Justice de Bruxelles, le mercredi 7 janvier 2009 dès 8 heures 30. Venez nombreux ! Ces militants ne doivent plus retourner en prison !

Bahar Kimyongür, l’une des victimes de cette répression, vient de publier un livre : Turquie, terre de diaspora et d’exil, qui apporte des éléments déterminants pour cerner le contexte du procès qu’il subit actuellement. Il y traite, en effet, de l’exil politique provoqué par les juntes militaires turques, de l’organisation de celui-ci à l’étranger et de la répression dont il fait l’objet. Le livre est disponible en librairie. Vous pouvez également le commander et obtenir des informations supplémentaires à son propos sur :
http://www.couleurlivres.be/html/nouveautes/turquie.htm.

Cette étude s’avère d’autant plus pertinente que la criminalisation et les pressions exercées à l’encontre des exilés turcs ne cessent de croître, en Belgique bien sûr, mais également partout en Europe :

- Ainsi, l’épouse de Bahar Kimyongür, Deniz Demirkapi, fait elle aussi, les frais de ses opinions et de l’engagement politique de son mari. Les autorités judiciaires de notre pays tentent par tous les moyens de l’empêcher de devenir belge (Lire la suite :http://leclea.be/pages/deniz.html , lire le jugement : http://leclea.be/pdf/Deniz_jugement.pdf ).

- Dogan Özgüden, rédacteur en chef d’un site d’information sur la situation politique en Turquie, est, quant à lui, menacé de lynchage en Belgique :
http://www.info-turk.be/364.htm#lynchage

- On compte au total pas moins de 40 inculpations dans le cadre de procès DHKP-C en Belgique, en France, en Allemagne et en Italie. Un communiqué accessible par ce lien Internet fait état des dernières perquisitions effectuées en Allemagne dans le cadre de l’application de la version élargie de loi antiterroriste allemande (art. 129 b) :
http://www.leclea.be/pages/repression-d.html

Ces attaques contre les opposants au régime turc sont rendues possibles par la mise en place de législations « antiterroristes », des dispositifs législatifs qui ne criminalisent pas seulement des militants turcs. Ils menacent en réalité tous les contestataires puisqu’ils permettent de criminaliser des opinions et des actions politiques. Ainsi, une réforme de la décision cadre européenne relative à la lutte contre le terrorisme vient d’être adoptée par le Conseil de l’Union Européenne :
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:330:0021:0023:FR:PDF

Elle permettra de punir plus directement en tant que délit terroriste de simples opinions pouvant être jugées, arbitrairement, comme de nature à encourager des actes terroristes. On est en plein dans le délit d’opinion !

Ce recours à la criminalisation des opposants politiques devient si courant en Belgique et en Europe (lire par exemple, sur le site du Clea, les informations relatives à la condamnation de Greenpeace, à l’arrestation de membres du Secours Rouge, ou tout récemment à l’affaire « Tarnac »), que certains analystes désignent cette pratique de la fabrication de la peur par la construction d’un ennemi intérieur comme une modalité de l’exercice du pouvoir : le but recherché est la justification et la légitimation de pouvoirs spéciaux.
(lire : http://nantes.indymedia.org/attachments/dec2008/taiga1.pdf ).

À l’heure où des magistrats, des professeurs de droit et certains parlementaires commencent à contester le bien-fondé des législations antiterroristes, il faut plus que jamais manifester une large mobilisation publique en faveur de leur abrogation.

Le Clea


SPIP