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10ème Festival Cinéma d’ATTAC le 27 nov 2009 à 18h au Botanique

RAS NUCLÉAIRE, RIEN A SIGNALER

d’Alain de HALLEUX
+ Rencontre avec le réalisateur

Doc. franco-belge 2009 58’ 
Des ouvriers du nucléaire sortent de l’ombre pour dresser un tableau inquiétant de leurs conditions de travail et de sécurité. Une enquête exemplaire.

Rencontre avec le réalisateur : Alain de Halleux


R.A.S. Nucléaire. Rien à signaler, le dernier documentaire d’Alain de Halleux va au plus pressé. Son propos : donner la parole aux travailleurs de base du nucléaire chargés de l’entretien des centrales et du contrôle de leur bon fonctionnement, autrement dit, écouter ceux qui œuvrent à l’ombre des réacteurs et sont garants de notre sécurité.
Rien de moins, rien de plus, et c’est déjà beaucoup.

D’interviews en prises de parole sur le terrain, d’états des lieux en réactions syndicales ou citoyennes, R.A.S. fait le constat critique d’une situation où la gestion publique du contrôle des centrales nucléaires est, depuis une vingtaine d’années, passée progressivement aux mains du privé. Avec cette conséquence alarmante que des intérêts économiques (rentabilité et profit) sont responsables de la multiplication des risques que supportent les travailleurs et de la détérioration des mesures de sécurité minimales.

À dresser les conditions de vie ou plutôt de survie, de misère et d’exploitation de ces travailleurs du nucléaire, le film d’Alain de Halleux nous fait partager ce que le développement des sous-traitances a entraîné au niveau des entreprises privées, la sous-traitance des tâches étant d’abord sous-traitance des risques et des responsabilités. Au fil des témoignages, surgit l’évidence que le risque zéro est un leurre et que le spectre de Tchernobyl n’a pas fini de nous hanter quand on sait que les incidents derrière les barbelés qui « protègent » les réacteurs sont quotidiens, quand on comprend pourquoi, chez les « invisibles » du nucléaire, sévit ce désespoir brut, ce désir d’en finir, de se foutre en l’air avec, heureusement chez certains, cette volonté d’attirer l’attention par le biais de comités de soutien, de grèves de la faim et de blocage de site.

R.A.S. a le mérite d’anticiper, à partir de la situation des travailleurs du nucléaire, ce qui nous pend au nez et met en cause les rouages même de notre société. Informatif et militant, succombant aux appels de la démocratie et du « citoyennisme », il emprunte les modes de l’enquête documentée jouant de cette objectivité du reportage et des vérités de l’interview pour mieux asseoir la pertinence de son propos. Courageux dans ce qu’il révèle, posant clairement le problème et rendant compte précisément des questions et des enjeux qu’il soulève, le film d’Alain de Halleux laisse malheureusement le spectateur perplexe et effrayé qui, n’ayant plus confiance dans la transparence de l’Etat et des organisations syndicales, met en doute les capacités de résistance des seules valeurs démocratiques qui sont, dans le film, posées comme solution à ce qui se passe.


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