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LA FRANCE AUX « URGENCES »


TOUT CHANGER POUR QUE RIEN NE CHANGE

TOUT ÉTAIT déjà là : en 1985, Jacques Delors entonnait l’hymne de « la joyeuse bataille économique » et des « réalités aussi souveraines et immuables que des étoiles dans la nuit » : la compétition, l’entreprise, le libre commerce. François Hollande vantait le sacrifice d’emplois, les gains de productivité et le dynamisme des marchés financiers. Cette politique qu’il célébrait il y a trente ans, il l’aura menée jusqu’au bout, durant son quinquennat : atteintes au Code du travail et aux droits des chômeurs, amputation des dépenses publiques, crédit d’impôt et Pacte de responsabilité, travail du dimanche et « en soirée » –l’euphémisme de la loi « Macron »–, libéralisation des professions réglementées qui a aujourd’hui un nom, « l’ubérisation ». Et, au milieu de ce cortège écrasant, la répression policière contre les manifestants.
De telles « réformes » n’en sont pas : elles accroissent la précarité, creusent les inégalités et étendent la pauvreté. Elles frappent par la mise en concurrence, l’anxiété et parfois l’angoisse d’une compétition généralisée. Le mal qu’elles font porte des noms. Celui de Djamal Chaar, immolé par le feu devant Pôle Emploi. Celui d’Edouard Postal, cheminot et syndicaliste harcelé par son employeur, qui s’est jeté sous un train. Celui de Rémi Fraisse, passionné d’écologie, à qui un gendarme a ôté la vie. Ceux de Lamine Dieng, Amine Bentounsi ou Adama Traoré…
Il ne faut pas en douter : avec l’élection du nouveau Président de la République, la France est désormais « aux urgences » –ce qui justifie cette livraison percutante d’Angles d’Attac [le journal illustré d’Attac-Bruxelles 1]…

ANTIFA… [Samuel HAYAT]
Tous unis contre l’extrême droite ? Evidemment. Mais l’exigence et l’existence d’une coalition efficace est désormais subordonnée à un refus : ne plus s’associer à des partis de gouvernement qui, depuis trente ans, recyclent « à qui mieux mieux » les idées du Front national… La plupart des 16 millions de Français (33,7% des inscrits) –qui se sont abstenus, ont voté « blanc ou nul » au second tour des Présidentielles– ont d’ailleurs ratifié cette position vertueuse.

L’AFFRONT [Adlene MOHAMMEDI]
« Nous sommes sur un nuage ». C’est ainsi que Pierre Gattaz –le porte-voix du Mouvement des entreprises de France (le Medef)– a résumé l’euphorie qui a gagné les milieux patronaux après l’accession d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Car l’ambition présidentielle est de construire une majorité politique apte à imposer rapidement un choc de précarité…

DU CÔTE DES INSOUMIS [Jacques NIKONOFF]
La plupart des excellentes propositions présentées dans le programme de Jean-Luc Mélenchon ne verront jamais le jour : elles sont absolument incompatibles avec le maintien de la France dans l’euro et l’Union européenne. Pour accéder à ce constat, il faut se défaire préalablement d’une sorte d’attraction, et rester imperméable aux effets de manche, à la rhétorique et au verbe dont use –avec un réel talent– le leader de la France insoumise

LE GRAND EMBARRAS [Benoît BRÉVILLE]
Lors des Présidentielles, l’immigration a divisé les principaux candidats : d’un côté, ceux qui persévèrent à faire de son rejet leur fonds de commerce ; de l’autre, ceux que le sujet continue à embarrasser. Entre les deux, J.L. Mélenchon a étonné quand Olivier Besancenot détonnait.

POPULISTES ! [Sandrine STEVENS]
La philosophe belge Chantal Mouffe voit ses idées plébiscitées : partisane d’une démocratie radicale et d’un populisme « de gauche », ses thèses rencontrent un succès mondial…

LE JOUR D’APRÈS…
Dès le lendemain du second tour, dix mille personnes ont défilé à Paris entre la Place de la République et la Place de la Bastille en scandant « Anti-capitalistes » et « Macron démission ! Un jour ça suffit ! ». Ça promet…

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