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jeudi 30 septembre à 21h30

Cinéma d’Attac "Queimada" de Gillo Pontecorvo


Le Cinéma d’Attac-Bruxelles 1 vous invite, le jeudi 30 septembre à 21 h 30 à l’Arenberg (Galeries de la Reine) à la projection exceptionnelle de :

« QUEIMADA » de Gillo Pontecorvo.

L’un des chefs d’oeuvre de l’Histoire du cinéma. La lutte contre le colonialisme comme on ne l’avait jamais montrée. L’un des plus grands rôles de Marlon Brando.
Un brûlot d’une implacable actualité, lorsque les peuples croient s’émanciper de l’esclavage et tombent sous une nouvelle domination : la tyrannie de l’économie de marché. A voir absolument.

  • Origine : Italie
  • Sortie en salles : 1969
  • Interprètes : Marlon Brando, Evaristo Marquès, Renato Salvatori
  • Musique : Ennio Morricone
  • Durée : 1 heure 50

A 21h30 à l’Arenberg (Galerie de la Reine - 1000 Bruxelles)) - Prix : 5,20 euros


En Résumé :

En 1830, l’officier anglais Walker se rend à Queimada, une colonie portugaise des Caraïbes où transite toute la production locale de cannes à sucre. Son ordre de mission : déstabiliser l’île par un soulèvement massif des esclaves et mettre sur pied un gouvernement fantoche qui restera sous la domination économique de la Couronne britannique. Pour accomplir ce dessein, Walker va rencontrer l’homme providentiel en la personne de José Dolorès –un esclave noir insoumis, qui aura vite l’étoffe d’un chef révolutionnaire. Le coup d’Etat réussit, et un gouvernement de métisses prend le pouvoir. Walker peut repartir « devoir accompli ». Pourtant, quelques années plus tard, l’agent secret est renvoyé à Queimada où José Dolorès vient de reprendre les armes : cette fois, les insurgés sont décidés à renverser le régime mis en place par les Britanniques.

UN PASSÉ QUI NE PASSE PAS.

Voilà en résumé, la trame de Queimada. Un véritable chef d’œuvre, dû au réalisateur italien Gillo Pontecorvo, qui avait déjà obtenu en 1965 l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood pour La bataille d’Alger (toujours très difficile à voir en France, la bataille d’Alger sera l’un des moments forts du tout prochain Festival du Cinéma d’Attac au Botanique en octobre). Ainsi dès 1965, Brando veut absolument tourner avec le cinéaste italien dont il partage et les convictions progressistes et les positions anti-impérialistes. N’oublions pas le contexte de l’époque : on est en pleine guerre du Vietnam, le gouvernement « aux ordres » installé à Queimada par les Anglais ressemble furieusement à celui mis en place au Sud-Vietnam par les Américains. De surcroît, le film a pour titre original anglais Burn (tout comme queimada signifie « brûlé » en portugais) car l’île est incendiée pour neutraliser les esclaves réfugiés dans la jungle (à l’instar des Américains qui bombardent la jungle indochinoise en l’embrasant au napalm). Autre similitude : José Dolorès a l’étoffe d’un Che Guevara, mort en 1967...

Paradoxalement, si le film reste un des très grands moments du cinéma politique, le tournage en aura été (du début à la fin) extrêmement problématique. Brando et Pontecorvo avaient certes des idéaux communs, mais leur caractère était antinomique. Aussi, les conflits entre l’acteur et le metteur en scène seront-ils permanents –Brando voulant comme d’habitude nuancer le personnage de Walker, alors que Pontecorvo le souhaitait abject et sans humanité. Autre souci : la plupart des acteurs noirs, véritables anciens esclaves, sont des non-professionnels qui n’ont, pour certains, jamais vu de caméras (comme Evaristo Marquès qui tient le rôle de José Dolores), un amateurisme qui déstabilisera évidemment Brando et la production en général.

FABULEUX. Résultat : les producteurs arrêtent le financement et, sans argent, Pontecorvo doit achever le tournage dans les endroits les plus incongrus, le film sortant dans l’indifférence totale. Bref un véritable gâchis.

Et pourtant. Malgré le manque de moyens financiers et « les rafistolages » de dernières minutes, Queimada reste un très grand film pour des tas de raisons : la force du sujet et les convictions fortes qu’il porte ; l’interprétation fabuleuse et ambigüe de Brando, complètement invraisemblable (sur le coup, c’est lui qui avait raison) ; l’excellente composition d’Evaristo Marquès, qui s’en sort formidablement bien devant l’un des plus grands acteurs du monde ; les scènes de foules interprétées par d’authentiques fils d’esclaves (20.000 figurants ont été mobilisés), ce qui donne au récit un réalisme plus vrai que nature –l’ensemble étant servi par un décor musical fantastique d’Ennio Morricone, qui accorde à certaines scènes un lyrisme stupéfiant...
C’est vrai : Queimada a brûlé les ailes de tous ses participants. Mais il aura réussi à transmettre une charge émotionnelle intense et inoubliable à l’ensemble des spectateurs qui auront eu la chance de le voir lors de sa première sortie dans les salles.

info portfolio

cinéma d'Attac - QUEIMADA

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