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Le rapport Kok divise

par Henri

Il faut appliquer Lisbonne. Tel est le sens du rapport qu’un groupe d’experts sous la direction de Wim Kok a déposé en novembre dernier pour préparer le sommet européen de mars 2005. Et de proposer une série de mesures en ce sens.

Un rapport qui n’enchante pas les organisations syndicales en Belgique.


Le rapport Kok divise

Il faut appliquer Lisbonne. Tel est le sens du rapport qu’un groupe d’experts sous la direction de Wim Kok a déposé en novembre dernier pour préparer le sommet européen de mars 2005. Et de proposer une série de mesures en ce sens.

Par exemple, d’accélérer la transposition des dispositions communautaires en droit nationale, d’éliminer toutes les entraves à la libre circulation des services dans l’Union (directive Bolkestein), de créer un environnement favorable pour les entreprises, d’axer le travail de la Commission sur le processus de Lisbonne, d’impliquer le parlement européen dans ce débat, de nommer un « Monsieur » ou une « Madame » Lisbonne dans chaque gouvernement national, de mobiliser la population sur les objectifs de compétitivité... Toutes des formules que la Commission va reprendre et proposer au Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etat ou de gouvernement des 25 pays membres de l’Union.

Dans ce cadre également, le comité d’experts se prononcent pour réduire les indicateurs pour 2010. Ils seraient ainsi limités à 14, de sorte à faire ressortir immédiatement les retards dans l’application des mesures décidées dans la capitale portugaise.

Mais, à part vouloir donner un coup d’accélérateur à la stratégie de Lisbonne, il n’y a rien dans le rapport Kok qui diffère fondamentalement des conclusions du sommet de mars 2000.

Aussi l’UNICE, la confédération patronale européenne, se déclare favorable au document et veut le voir repris par la Commission et le Conseil européen. La CES, confédération européenne des syndicats, est plus réservée. Mais elle accorde également son accord au rapport.

En revanche, la FGTB et la CSC, les deux principales organisations syndicales belges, ainsi que le PS ont dénoncé la philosophie générale adoptée par le groupe d’experts. Il faut préciser que ce comité, devant aller à l’essentiel, a mis l’accent sur l’objectif de la compétitivité. Il a laissé tomber une partie du discours sur la cohésion sociale et sur le développement durable. Mais c’est bien là le cœur de la stratégie de Lisbonne et non le développement de l’emploi (qui apparaît seulement comme un appâts pour mystifier les citoyens).

Il est clair, néanmoins, que les organisations syndicales, poussées par des travailleurs qui ne voient pas d’amélioration dans leur situation, se rendent compte que la nouvelle Commission adopte ouvertement des positions de plus en plus favorables aux entreprises. Même la CES se déclare inquiète de la tournure des événements. De quoi donc mobiliser pour le 19 mars.


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