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Angle Attac (mars 2004) /1-12 : Edito : Un nouveau départ pour Attac ?


C’est un tournant. L’assemblée manifeste une volonté d’accorder plus d’autonomie et de poids aux locales. Je le ressens comme cela.

C’est ainsi que Camille Schmitz, l’ancien responsable de la coordination Wallonie-Bruxelles, a résumé l’assemblée générale des membres d’Attac, qui s’est tenue le 31 janvier dernier.

Cette réunion était d’une importance capitale. Elle devait déterminer la structure qu’allait adopter l’association en Belgique francophone. Attac est composée de différentes locales, établies le plus souvent sur une zone géographique (par ville). Une coordination rassemble ces locales pour permettre une action et une représentation communes. Wallonie-Bruxelles existe en tant que telle, comme entité propre, mais les membres des groupes locaux sont automatiquement adhérents de celle-ci.
Certains voulaient aller plus loin et transformer cette organisation (c’est-à-dire Wallonie-Bruxelles) en une asbl (association sans but lucratif), avec pour objectif de demander des subsides aux pouvoirs publics. La plupart des membres d’Attac Bruxelles 1 - et certainement le secrétariat - craignaient que ces dispositions soient votées.

Il n’en a rien été. Voyez plutôt le résultat des décisions importantes (1) :

1. Attac Wallonie-Bruxelles reste une association de fait. Toutes les options d’asbl ont été rejetées.

2. Attac Wallonie-Bruxelles refuse les subsides récurrents, c’est-à-dire ceux qui permettent l’engagement de personnel permanent.

3. L’autonomie des locales est réaffirmée. Une locale peut participer à ou même initier des actions d’ampleur nationale ou internationale, pour autant qu’elle cherche à les organiser d’abord au sein de la coordination et qu’elle informe celle-ci. Mais, si personne ne suit, elle peut continuer.

4. Attac Wallonie-Bruxelles ne peut exclure une locale. Elle peut seulement exclure des membres et des personnes morales.

5. Une nouvelle équipe est chargée de diriger la coordination. Celle-ci sera animée par Jean-Marie Coen (membre d’AB1), en remplacement Camille Schmitz, démissionnaire. Jean-Marie sera soutenu dans sa tâche par une équipe de mandataires. Ainsi, la charge de porte-parole, occupée précédemment par Arnaud Zacharie, a été répartie sur quatre personnes : Vicky Goossens de Liège, Jean-Marc Lauwers de La Louvière, Laurent Petit de Charleroi et Stéphane Desgain d’AB2.

Il est clair que ce dénouement nous a agréablement étonnés.

Mais, au-delà de cette satisfaction qui préserve nos capacités d’initiative, que retenir de ceci ?

Primo, Attac a un rôle spécifique à jouer dans la société. C’est une fonction à la fois de contestation, de dénonciation et de promotion d’alternatives aux logiques capitalistes, libérales et financières. Pour remplir à part entière cette mission, l’association doit rester indépendante non seulement des partis politiques, en particulier de ceux qui sont au gouvernement, mais également des pouvoirs publics. Or, en devenant une asbl et en requérant des subsides, elle compromettait clairement cette autonomie.

Deuxièmement, et en même temps, Attac encourage une autre manière de faire de la politique. Celle-ci n’est plus fondée sur la représentation de délégués à qui est abandonné l’essentiel des choix, mais sur la participation directe et active des citoyens aux processus de décision. C’est une démocratie à la base. Cela explique aussi les efforts de formation, car seuls des gens informés peuvent peser et agir sur les options de société, adoptés par les dirigeants de ce monde.
La forme d’organisation en locales (groupes locaux) manifeste ce souci. D’abord, c’est une façon de rapprocher la politique du citoyen et le citoyen du politique. Ensuite, les décisions prises par les locales, où ces citoyens sont réunis en premier lieu (avant de l’être au sein de Wallonie-Bruxelles), sont souveraines. Elles doivent être respectées et exécutées.
Troisièmement, Attac est une organisation pluraliste, où peuvent se mêler des opinions très diverses : réformistes, réformistes radicales, révolutionnaires, anarchistes, etc. Il n’y a pas lieu de privilégier l’une ou l’autre. Elles doivent pouvoir coexister dans ce mouvement, unies par un programme minimum commun.
L’assemblée générale du 31 janvier a réaffirmé ces principes. C’est une bonne base pour la suite. C’est, en tous les cas, une motivation supplémentaire pour Attac Bruxelles 1 de coopérer activement avec la coordination et la nouvelle équipe.

Henri Houben

(1) L’ensemble des décisions se trouvent sur le site d’Attac Wallonie-Bruxelles.


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