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JEUDI 15 SEPTEMBRE, À 21 heures 30, au Cinéma l’ARENBERG (Galeries de la Reine)

ÉTAT DE GUERRE

le dernier film de Béatrice PIGNÈDE

Dès 20 heures 30, LE DÉBAT : QUI A COMMENCÉ...?

avec Jean BRICMONT, professeur à l’UCL et collaborateur de Noam Chomsky

Le Film : ÉTAT DE GUERRE

Réalisation : Béatrice Pignède et Francesco Condemi

Durée : 90 minutes

Prix d’entrée unique : 5,2 euros (y compris pour le débat)

France / 2005


« Rechercher la stabilité serait indigne de l’Amérique » , affirme le politologue Michael Leeden –dont la proximité idéologique, avec le premier cercle des conseillers du président Bush, est notoire. « Notre pays est celui de la destruction créatrice. Nous ne voulons pas de paix en Iran, en Syrie, ni même en Arabie Saoudite. La question est de savoir comment déstabiliser ces nations. Nous devons les détruire pour accomplir notre mission historique » .

Ainsi, rien ne saurait plus être comme avant : à la mondialisation économique (porteuse de modernité) devrait nécessairement correspondre, à présent, de nouvelles géographies politiques. Aux Etats-Unis, c’est en tous cas la vision et la visée défendues par un fort courant d’extrême droite –pour qui la violence armée est le moyen « le plus humain » d’accorder le bonheur, la démocratie et les libertés aux peuples trop mal civilisés.

Peu importe, dès lors, de savoir quand seront menées d’autres campagnes de diabolisation, d’autres opérations de subversion à l’encontre d’Etats forcément « voyous ». Dans la dramatisation des relations internationales, fomentée par l’impérialisme le plus puissant, la crise irakienne apparaît désormais comme le moment inaugural d’une nouvelle séquence historique : celle où l’Amérique entend faire la loi (mais défaire la légalité), imposer « ce qui est juste » (mais déposer la Justice), consacrer la souveraineté des peuples (mais massacrer leur indépendance).

Car nous vivons en guerre, n’est-ce pas. Même si nous ne savons pas bien quand elle a commencé. En Irak dès 1991 ou en Yougoslavie ? En 2001, à New York ou (juste après) en Afghanistan ? Ce qui est sûr, par contre, c’est qu’elle a transformé le monde entier en un front unique –qui a sa première ligne, large comme jamais dans l’Histoire, des Etats-Unis au Pakistan en passant par l’Europe. Bien entendu, elle a ses causes économiques spécifiques mais aussi des matrices identitaires profondes. Elle a construit son idéologie (bénie par un pape), tout en se laissant mener par des militaires et privatiser par des entreprises surcôtées en Bourse. Bien entendu, nous ne sommes pas en mesure de dire qui est en train de la gagner, mais on voit bien qui est en train de la perdre : des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants mais aussi la civilisation politique dont nous nous vantons d’être les accoucheurs.

Énoncer et dénoncer la guerre ? Cela signifierait d’abord arrêter de penser qu’il en existe une version légale dont on pourrait tirer une version illégale appelée « terrorisme » depuis que le droit international a été liquidé au nom de la force, de la commisération et de la bienfaisance.

Appelons-le par son nom, ce temps qui est le nôtre et qui peut ressembler à un voyage dans le passé lointain quand des bandes mercenaires faisaient autorité, terrorisaient beaucoup les populations sans armes, et peu les rangs ennemis. Admettons la réalité d’une période historique terrible, finalement pas si différente de celle –contemporaine– dans laquelle nous sommes nés, avons grandi et tentons de résister malgré tout.

État de guerre de Béatrice Pignède fonctionne ainsi comme la troisième partie d’une trilogie commencée avec L’Irak, d’une guerre à l’autre (2002) et surtout Propagande de guerre, propagande de paix (dont Attac-Bruxelles a organisé la projection en avant-première belge l’année passée). Ici aussi, l’ambition est la même : faire du cinéma un espace de débat qui encourage la participation intellectuelle des spectateurs en souhaitant qu’ils quittent la posture de « consommateurs d’images et de récits ».

Au fait, sommes-nous vraiment entrés de plain-pied dans un espace-temps comparable aux périodes déstabilisées qui ont précédé les deux grandes guerres mondiales ? Pour répondre à ce questionnement aux allures prophétiques, État de guerre enquête sur les rives du Danube, dans les territoires occupés de Cisjordanie et dans les quartiers populaires du Venezuela ; il donne, entre autres, la parole à l’historienne Annie Lacroix-Riz, au Général Gallois, à l’écrivain Thierry Meyssan, à l’humoriste Dieudonné. Bon à savoir : État de guerre se termine par un non-dit assourdissant quand il interpelle, à pleines images, les militants du mouvement altermondialiste.

Jean FLINKER



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