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Pour une année 2006 de résistance et de luttes

Angle d’Attac (décembre 2005) / Editorial : Attac repart à l’Attaque

par Henri

Le secrétariat d’Attac Bruxelles 1 vous souhaite une bonne et joyeuse année 2006. En espérant qu’elle vous apporte ce que vous désirez… Mais aussi que ces différents souhaits convergent vers des victoires dans le domaine social, environnemental, politique…

Editorial publié dans Angles d’Attac n°70 de décembre 2005.


2005 a été incontestablement l’année du « non ». Le « non » au traité constitutionnel européen qui “aurait gravé dans le marbre” toutes les options libérales et capitalistes de l’Union. Un « non » salutaire et bénéfique, car il met un frein à la volonté de la Commission et des autres institutions européennes à tout imposer sans passer par le moindre consensus populaire.

Mais qui aurait pu prétendre, il y a un an à la même époque, qu’il en serait ainsi ? Et qui aurait dit qu’à côté de l’opposition française, il y aurait eu celle des Pays-Bas ? Ce succès doit être mis à l’actif d’Attac, qui a mobilisé en faveur de ce “non”, mais également de bien d’autres organisations progressistes qui ont réussi à mettre sous l’éteignoir le « non » d’extrême droite.

2005 a aussi été l’année du 6e festival du cinéma d’Attac à Bruxelles, une longue semaine qui vient de se clôturer. Au final, 2.700 personnes (ou entrées payantes) sont passées. C’est un peu moins que l’année précédente, qui était sans doute exceptionnelle. Mais cela fait en moyenne 270 personnes par jour. Voilà, un autre beau succès, qui représente depuis longtemps la plus importante activité d’Attac en Belgique, et un moment majeur de mobilisation. Cette année, nous avons d’ailleurs mis l’accent, à chaque séance, sur la présentation d’Attac et la possibilité de nous rejoindre. Cela nous a amenés - et nous amènera sans doute encore - de nouveaux membres et sympathisants (à qui nous souhaitons la bienvenue au passage). A nous maintenant de faire en sorte que chacun(e) puisse trouver sa place dans l’association.

Ne nous leurrons pas sur ces victoires. A côté d’elles, les problèmes et les reculs sont encore nombreux. Ne citons que la conclusion du récent combat sur les retraites, avec le vote parlementaire sur le « pacte de solidarité entre générations », qui va obliger les salariés à allonger leur carrière. Dans le plan de réforme déposé par le gouvernement belge à l’Union européenne, l’objectif est d’obtenir un départ en retraite moyen à 62 ans [1]. Malgré quelques concessions arrachées par les différentes luttes, c’est une défaite pour celles et ceux qui comptaient partir en pension après de nombreuses années de dur labeur ; une défaite pour les chômeurs et les salariés qui vont se battre plus nombreux pour un nombre limité de postes, à des conditions dégradées.

C’est pourquoi il nous faut retrousser nos manches et nous mobiliser d’une ardeur redoublée. Ce ne sont pas les combats qui manquent.

A commencer par le retrait de la directive Bolkestein. Mise entre parenthèses lors du débat sur le traité constitutionnel, elle a en réalité continué son petit bonhomme de chemin institutionnel. Elle devrait être votée, légèrement amendée, le 14 février prochain au Parlement européen. Il n’est pas trop tard (mais il est temps) pour écrire aux députés européens et les amener à refuser le texte. D’autre part, deux grandes manifestations sont organisées à Strasbourg, la première le samedi 11 février à l’appel des mouvements sociaux, la seconde le mardi 14 février à l’appel de la Confédération européenne des Syndicats. Il est important d’être présents nombreux à ces deux rendez-vous (nous mobiliserons plutôt pour le samedi 11) pour exprimer sa colère face à cette directive qui n’aurait jamais dû voir le jour.

Le processus de Lisbonne se poursuit lui aussi. Rappelons que c’est le projet stratégique majeur des élites européennes pour la décennie en cours. A son terme, en 2010, les dirigeants voudraient que l’Union soit l’économie de la connaissance la plus dynamique et la plus compétitive du monde. Rentabilité, compétitivité, guerre à outrance au détriment de la protection sociale, des garanties d’emploi, du maintien des services publics. Un programme qui sera accéléré lors du sommet de la mi-mars. Car, suivant les réalisations actuelles, les objectifs ne seront pas atteints. Cela nous laisse présager de nouvelles mesures contre les préretraites, les chômeurs, les salaires, les conditions de travail.

De même, le traité constitutionnel européen n’a pas encore été officiellement rejeté. Les procédures de ratification ont été suspendues. Qui dit moratoire dit une éventuelle reprise. Cela sera décidé au sommet européen de juin 2006. Ce sera donc le moment d’enterrer définitivement ce texte… si nous sommes suffisamment forts. Une autre mobilisation en perspective.

Au sommet de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), les 149 Etats membres ont signé un accord qui relance le processus de Doha. Celui-ci inclut l’extension de l’accord général sur le commerce des services (AGCS), qui n’est jamais qu’une application mondiale de la directive Bolkestein (pour résumer). Là, au détriment des salariés européens (américains, japonais…), mais aussi des pays et peuples du tiers-monde.

Parallèlement, les Attac d’Europe ont entamé un programme de discussion et de débat interne pour fixer les grands principes et grandes revendications qui peuvent unifier le mouvement sur le vieux continent. A côté du rejet de la directive Bolkestein, du processus de Lisbonne, du traité constitutionnel, des accords de l’OMC (et de l’AGCS), quelle Europe voulons-nous créer et défendre de façon « positive » ? De nombreux débats dans tous les pays jalonneront ce processus. Il nous faudra certes bien des efforts et des discussions pour nous accorder et avancer en définitive une position commune. Mais l’objectif – construire une autre Europe – est enthousiasmant.

Ainsi, 2006 nous promet d’être agitée. Si nous voulons réaliser tous ces objectifs, nous avons besoin de votre concours. Comment ? En vous joignant à nous pour l’un ou l’autre des combats relevés ci-dessus. Mais aussi en invitant des personnes de votre entourage à participer à Attac, que ce soit d’ailleurs activement ou passivement. Ce n’est qu’ensemble qu’on pourra remporter des succès. Que 2006 soit l’année de la résistance et des luttes !

Henri Houben

Notes

[1Gouvernement belge, “Stratégie de Lisbonne. Programme national de réforme 2005-2008. Plus de croissance et plus d’emploi”, Service public fédéral de la Chancellerie du Premier ministre, Bruxelles, 26 octobre 2005, p.42.


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