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Jeudi 11 mai 2006 : Rassemblement 17h30 Palais de Justice de Bruxelles

Liberté pour Bahar

Bahar est un prisonnier politique en Europe ! Nous exigeons sa libération immédiate

Europe, terre de démocratie et des libertés démocratiques ?

Rappelons que, dans le défunt traité constitutionnel que les dirigeants européens voulaient – et veulent encore – nous faire avaler, il y a de nombreux appels affirmant que l’Union est « fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’état de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme » (article 2). Et, dans la charte des droits fondamentaux, il est souligné que « toute personne a droit à la liberté d’expression » et « à la liberté d’association à tous les niveaux » .

Or, ce sont ces droits qui sont remis en cause par les législations antiterroristes. Selon celles-ci, une personne qui appartiendrait à une organisation qualifiée par les autorités européennes de terroristes – et ce terme peut être large, car il suffit, pour cela, de mener une action en remettant en cause l’autorité de l’Etat – serait passible d’emprisonnement, même si elle n’a commis aucun délit.

C’est ce qui arrive à Bahar Kimyongur. Ses liens avec le DHKC, organisation se réclamant du communisme, l’ont amené à une condamnation au tribunal de Bruges et peuvent le conduire à l’extradition vers la Turquie.

On peut ne pas être d’accord avec le DHKC, ni avec ses méthodes, mais ses actions violentes se portent contre des responsables politiques et économiques de l’Etat turc, non contre la population civile. En outre, Bahar, lui-même, n’a commis aucun délit ni en Belgique, ni en Turquie.

L’affaire est donc d’une extrême importance. Il représente un précédent où quelqu’un est condamné et extradé uniquement pour ses convictions politiques. Après Bahar, à qui serait-ce le tour ? Des sans papier, qui demandent seulement le droit d’exister ? Des grévistes qui occuperaient un lieu important et y bloquerait le trafic ?

Sur ce plan aussi, cet Europe de restriction de libertés démocratiques, alors que, d’autre part, les responsables européennes déroulent le tapis rouge pour les entrepreneurs sans scrupules ou les fraudeurs du fisc, n’est pas la nôtre. Changeons-la !


Bahar Kimyongur, belge d’origine turque, risque d’être extradé vers la Turquie comme opposant politique qualifié de terroriste par les autorités turques.

Dans ce pays, les cas de torture de prisonniers politiques sont dénoncés par Amnesty systématiquement. En étant extradé vers la Turquie, Monsieur Bahar Kimyongür risquerait son intégrité physique voire sa vie. Les nombreuses condamnations de la Turquie devant la Cour européenne des droits de l’homme ainsi que les divers rapports internationaux sur la situation des prisons en Turquie suffisent en effet à illustrer qu’il courrait un risque considérable en y étant incarcéré

Bahar Kimyongur est bien connu pour la défense des droits de l’Homme et des peuples non seulement en Turquie mais également dans tous les pays sous régime répressif.

Né en Belgique, citoyen belge et licencié en histoire de l’art et archéologie à l’ULB, Bahar Kimyongur a des qualités exceptionnelles à valoriser notamment dans la vie sociale, associative et politique. Il informe régulièrement l’opinion européenne des violations des droits de l’Homme en Turquie et notamment de l’aggravation du régime pénitentiaire qui a coûté à la vie de 122 prisonniers politiques.

Il a été arrêté dans la nuit du 27 au 28 avril 2006 aux Pays-Bas alors qu’il s’y rendait pour organiser une activité culturelle. L’arrestation effectuée par la police hollandaise sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la Turquie a été confirmée le 1er mai par la justice hollandaise. Pour protester contre cette arrestation, Kimyongur a entamé une grève de la faim dans la prison hollandaise.

Ceci illustre un fait un grave dans l’Union européenne, qui se targue d’être un modèle de démocratie et de liberté démocratique aux yeux du monde. Pour être condamné comme terroriste, il n’est plus nécessaire de prendre part à des actes qualifiés de « terroristes » . L’appartenance à un de ces groupements suffit à faire condamner mais elle suffit également à pouvoir extrader vers un Etat hors Union européenne.

Comme il a été bien souligné par l e Comité Liberté d’Expression et d’Association (CLEA) : « Kimyongur n’a commis aucun crime ni délit en Belgique, en Turquie ou ailleurs. Mais, en vertu des nouvelles législations antiterroristes mises en place en Europe, son engagement politique est présenté comme terroriste, ce qui permet aujourd’hui à la Turquie d’exiger son extradition. Pourtant, s’exprimer, s’organiser, contester ne sont pas des actes terroristes, mais demeurent des libertés démocratiques protégées par les Constitutions belge et hollandaise. Il paraît donc essentiel de dénoncer toute tentative détournée de faire taire une parole alternative au nom de la lutte contre le terrorisme. »

Nous demandons une prise de position officielle du gouvernement belge qui doit protéger son ressortissant. Non-extradition et liberté pour Bahar !

Un rassemblement de sensibilisation aura lieu jeudi 11 mai à 17h30 devant le palais de justice de Bruxelles.

L’affaire est urgente car la décision de son extradition devrait tomber d’ici 30 jours.

Signez massivement la pétition demandant la libération et la non-extradition de Bahar Kimyongur : La pétition en ligne

Pour de plus amples informations :

Carte blanche dans La Libre Belgique

Soutien des organisations turques, kurdes, arméniennes et assyriennes


SPIP