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Cinéma D’attac à l’Arenberg

"White terror" de Daniel Schweizer

Jeudi 21 décembre 2006 - 20h30

CINEMA D’ATTAC à l’ARENBERG

"White terror" de Daniel Schweizer

le jeudi 21 décembre à l’Arenberg

20h30 : le débat avec JO DE LEEUW et Manuel ABRAMOWICZ

21h30 : le film

Prix d’entrée : 6,6 euros (débat compris) sauf les Article 27.


20 HEURES 30, DÉBAT : "POURQUOI LE FASCISME CONTINUE-T-IL À FAIRE RECETTE ?"

avec JO DE LEEUW enseignante, coordinatrice du livre L’extrême droite contre les femmes) et Manuel ABRAMOWICZ (auteur du Guide des résistances à l’extrême droite).

Dès les premières images, on est transporté dans un décor de carte postale. Sur les lieux d’un crime suisse. Le 27 janvier2001, le jeune apprenti Marcel von Allmen a été massacré à coups de barre d’acier par ses compagnons, qui l’ont balancé d’une falaise dans le lac de Thoune. Parce qu’il n’avait pas respecté la loi du silence imposée par l’Ordre des chevaliers aryens, le groupuscule dont il faisait partie, ses camarades ont donc choisi de l’assassiner. Dans White Terror, le dernier film de sa trilogie consacrée au mouvement skinhead, Daniel Schweizer esquisse d’abord une tentative ratée de reportage sur ce mouvement assassin -la police helvétique faisant tout son possible pour en ignorer l’importance et la dangerosité. Puis,devantl’impossibilité d’aller plus avant, le réalisateur se lance dans un road-movie initiatique. Succédant à Skin or die (1998) et Skinhead Attitude (2003), ce nouveau documentaire apporte donc un éclairage saisissant et incendiaire sur la subculture skin qui -née dans le prolétariat anglais et la musique ska il y a quarante ans- s’est retrouvée phagocytée par l’extrême droite à partir des années 80.

SUPRÉMATISME. De la Suède aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne et la Russie... Au fil des rencontres (à travers une série de portraits) se dessine, sans complaisance, une carte mondiale du phénomène skin dans sa diversité douloureuse : entre antiracistes anarchisants d’une part, et militants pour lasuprématie blanche de l’autre. Le spectateur assiste dès lors au discours brut de fanatiques qui vénèrent comme il se doit Adolf Hitler, en appellent ouvertement à la guerre contre les étrangers, les Noirs, les Juifs, et tout ceux qui n’ont pas le profil caucasien. D’autant qu’à travers internet, on setrouve confronté à une Internationale d’un nouveau genre, dont les Etats-Unis sont le paradis, sous le couvert du premier amendement garantissant la liberté de parole. White Terror fait ainsi dans legrand-angle. Ne se concentrant plus sur les seules têtes d’œufs pourris, mais sur toute la nébuleuse entourant l’idéologie du white power, Schweizer s’en va d’abord en Suède (suivre des manifestations fascistes hautement tolérées par la police et les autorités, lesquelles ne voient pas de raisons à interdire les concerts-trash où sont scandés des« Heil Hitler » à plein décibels), puis déboule aux Etats-Unis, où le milieu apprend à fonctionner, un peu à la manière d’Al-Qaïda, en groupuscules indépendants sans véritables chefs ni liens entre eux (à l’inverse, on y voit aussi la tentative de fédérer -sous la protection de la police et du premier amendement de la Constitution- tous ceux qui croient la race blanche « en danger d’extinction », tel le KKK, les églises ultraconservatrices, ou les mouvements aryens). Dernière étape ? La Russie, paradoxe hideux de l’Histoire : alors que25 millions de soldats soviétiques ont été tués par les forces nazies, on y découvre des hooligans d’extrême droite faire le salut hitlérien sur la Place Rouge et des popes bénir des drapeaux à croix gammée dans les églises orthodoxes.

NOUVELLE PARANOÏA. En résulte un document d’une rare précision, qui évite la diabolisation au profit d’une vision complexe basée sur des faits. Et si Schweizer se met en scène dans son propre film, le cinéaste n’essaie jamais de piéger ses interlocuteurs. Il est là pour disséquer les fondements d’une nouvelle forme de paranoïa raciste dont la monstruosité n’est que plus frappante lorsqu’elle s’exprime à visage découvert. White Terror estdonc un film exemplaire à découvrir sans délai. Précis, sans fard ni prétention militante :« Faire des films, commente Schweizer, c’est affronter le monde, se coltiner à son état, en chercher les mauvaises fréquentations, le gênant et l’insupportable. Toute la dignité d’un cinéaste est peut-être d’oser regarder en face une vérité indigne de lui. D’être présent là où on n’ose plus l’être ». Un propos courageux qui s’adresse tout aussi bien à la militance de gauche qu’à l’opinion dite « progressiste ».
Jean FLINKER

SUISSE 2005 - Durée : 90 minutes

Prix d’entrée : 6,6 euros y compris pour le débat (sauf les Article 27).

Cinéma Arenberg (26 Galerie de la Reine)


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