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Cinéma d’ATTAC à l’Arenberg

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Jeudi 20 décembre 2007, à 20h30

Le jeudi 20 décembre
à 21 heures 30 à l’Arenberg,
le Cinéma d’attac présente

Les LIP, l’imagination au pouvoir

Un film-choc de Christian ROUAUD sur la grève ouvrière la plus emblématique de l’après 68…

Dès 20 heures 30, le DÉBAT :
« LA CLASSE OUVRIÈRE IRA-T-ELLE AU PARADIS ? »
(les ouvriers restent-ils les principaux acteurs de la transformation sociale ?)

avec
- Mateo ALALUF, professeur de sociologie à l’Université Libre de Bruxelles
et
- Henri HOUBEN, économiste, membre du Secrétariat d’Attac-Bruxelles 1



Le jeudi 20 décembre
à 21 heures 30 à l’Arenberg,

le Cinéma d’attac présente


Les LIP,
l’imagination au pouvoir


Un film-choc de Christian ROUAUD
sur la grève ouvrière la plus emblématique de l’après 68…


 



Dès 20 heures 30, le DÉBAT :
« LA CLASSE OUVRIÈRE IRA-T-ELLE AU PARADIS ? »
(les ouvriers restent-ils les principaux acteurs de la transformation sociale ?)

avec
- Mateo ALALUF, professeur de sociologie à l’Université Libre de Bruxelles et
- Henri HOUBEN, économiste, membre du Secrétariat d’Attac-Bruxelles 1

__________

Au départ, en avril 1973, quand Lip annonce aux 1.300 salariés que des licenciements vont intervenir dans l’entreprise d’horlogerie, le syndicaliste ouvrier Charles Piaget se montre hostile à la grève. Il préfère que ses camarades freinent le rythme des machines et celui des mains; mais «ils avaient tellement les cadences dans la peau que c’était pas possible de ralentir». Ils arrêtèrent de travailler dix minutes par heure. Ainsi commença la longue aventure des «Lip» qui, comme souvent dans l’histoire des mouvements ouvriers, partit de revendications très «raisonnables» (ne pasperdresontravail à une époque où le chômage reste modeste) et, chemin faisant, découvre que (presque) tout est possible. En mai 68, les étudiants des Beaux-Arts n’ont-ils pas imprimé des affiches où on lit «Ton patron a besoin de toi, tu n’as pas besoin de lui» ? Justement, mai 1968, c’est hier en avril 1973. Lip, ce sera un peu cette histoire qui recommence, mais sur son versant ouvrier et autogestionnaire. SÉQUESTRÉS. «480 travailleurs à larguer: la phrase a choqué. On n’était pas encore à une période où on larguait les hommes comme des bêtes». Les administrateurs de l’entreprise sont séquestrés: on entend «leur rendre la liberté contredesrenseignements plus précis» sur le sort de l’entreprise en difficulté. Dans le quartier de Palente, à Besançon, les cars de CRS encerclent l’usine. Puis c’est l’assaut, les portes défoncées : «Ça nous a choqués, nous qui avions été si attentifs au cours des grèves précédentes à ne pas rayer un mur». Les administrateurs sont libérés. Alors, parmi les ouvriers, «il y en a un qui a dit : "Et si on prenait les montres ?"». Soit, mais qu’en faire ? Et est-ce un vol ? Un péché (la tradition chrétienne imprègne la région) ? Plutôt maoïste, un ouvrier dominicain absout d’avance «les paroissiens de Palente». Des voitures sont chargées de montres et partent les «planquer». Mais les ouvriers ont garde d’oublier de s’emparer des fichiers et des plans, car ceux-cinedoivent pas tomber entre les mains des concurrents de la marque horlogère.  Ces syndicalistes d’un genre nouveau ont beau avoir les cheveux très longs et ne pas manquer d’audace, ils tiennent au soutien de l’évêque et ont l’esprit d’entreprise…

CETTE FOIS, SANS PATRON. Que faire de toutes ces montres? On décide de les vendre et de remettre en route l’usine pour en produire de nouvelles, cette fois sans patron («Tu n’as pas besoin de lui»). La vente est un énorme succès, y compris sur les plages. En six semaines, le chiffre d’affaires ainsi réalisé correspond à 50 % du total d’une année ordinaire. Il y avait des caches pour les montres, il y en aura d’autres pour l’argent. Chargements clandestins sur les routes, déguisements, perruques: la folie des jeunes ouvriers rencontre la sagesse des anciens. «Plus le vent soufflera fort, mieux ça vaudra», estime Charles Piaget, délégué exemplaire d’une CFDT alors très militante et pleine d’imagination. «Le plus grand momentd’exaltation,serappelle une ouvrière, ça a été notre paie sauvage. On a touché du doigt le fait que c’était possible». Puis les ouvriers ouvrent les portes de l’usine à tous, y compris aux journalistes. A l’époque, on calcule que les concours l’emporteront sur les nuisances. Certains des visiteurs participent aux assemblées générales, restent une ou plusieurs semaines ; des étudiants arrivent avec leurs instruments de musique.«La question des femmes a été la révolution dans la révolution». «A travail égal, salaire égal ?», ce n’est pas si facile : faut-il payer autant les couples, ceuxqui ont des charges de famille ? Le dominicain est favorable à l’égalité des salaires. Mais il n’a pas d’enfant... «Remballe tes billes, lui oppose-t-on, ce sera bon pour la prochaine fois, mais pour l’instant c’est pas mûr». «La réussite, résume Piaget, qui jamais ne succomba aux sirènes dupouvoir, c’estde ne plus avoir besoin des leaders. Leur voix ne compte que pour un». Un militant admet: «Je rêvais "libération des peuples". Et je pensais qu’on pouvait libérer une usine comme on libère un peuple».  

VÉROLE. Mais en 1974, M. Giscard d’Estaing a été élu à l’Elysée. Pour lui et pour son premier ministre Jacques Chirac, c’est surtout le second point qui pose problème –ce bras de fer remporté par les syndicats contre le chômage, alors que les plans de licenciement essaiment un peu partout en France. Ministre de l’industrie en 1973, Jean Charbonnel confie les certitudes de Giscard d’Estaing: «Il faut punir les Lip. Qu’ils soient chômeurs et qu’ils le restent. Sinon, ils vont véroler tout le corps social». Autant dire que le patronat et le gouvernement Chirac auront, délibérément, «assassiné Lip».



Cinéma ARENBERG

(26 Galerie de la Reine)

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