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Petit bilan d’Attac Bruxelles 1

Quel avenir pour le mouvement ?

Quinze points pour l’avenir du mouvement Attac et pour sa locale de Bruxelles.


La jeunesse forme les voyages

1. L’activité de la locale repose sur des initiatives portées par quelques personnes de façon plutôt isolée et qui ne sont plus parmi les plus jeunes de l’association : Jean pour les annonces de l’Arenberg, Jean-Claude pour le cinéma, Francis pour les Cafés politiques, Martine pour la trésorerie et Henri pour les formations, le groupe Europe et le journal en partie (ou le site). Evidemment, il y a d’autres personnes qui prennent des responsabilités importantes. On ne peut pas citer tout le monde et ce n’est pas le but.

2. Beaucoup de locales d’Attac en Europe seraient heureuses d’avoir cette activité et d’incorporer autant de jeunes dans l’organisation de ces événements. On ne doit donc pas se priver d’en être content. En outre, la plupart des activités qu’on organise connaissent un certain succès. Mais cela indique aussi qu’il y a une disproportion entre le nombre limité de gens qui organisent et le nombre de ceux qui viennent « consommer » l’événement.

3. « Gouverner, c’est prévoir ». Et le fait que les principales activités soient portées par des personnes plus « âgées » constitue un danger à terme. Certes, les plus « vieux » ont plus d’expérience et de constance. En revanche, elles sont plus souvent sujettes à des problèmes de santé et n’ont plus toujours toute l’énergie pour porter à elles seules une activité. A terme, nous allons avoir un problème de renouvellement. L’avenir dira si c’est à court, moyen ou long terme.

4. Il est de la responsabilité des plus anciens d’introduire, d’aider, d’incorporer les plus jeunes à tous les niveaux de l’association et de faciliter leurs tâches. Si on veut une association qui continue son travail, il faudrait pratiquement que pour chaque tâche il y ait au moins un remplaçant potentiel pouvant dépanner ou même remplacer le cas échéant le « titulaire actuel ».

5. Mais, d’autre part, il faudrait que les plus jeunes acceptent de prendre plus de tâches. Il y a des contraintes majeures qui rendent ceci parfois difficile : contraintes familiales, arrivée d’un nouveau-né dans la famille, exigences de boulot, choix de carrière à faire, etc. Il faudrait pouvoir en discuter pour essayer d’en répartir mieux les conséquences. Si on ne résout pas ces contingences, on risque de ne pas assurer la pérennité de l’association.

S’engager, disaient-ils. Mais s’organiser ?

6. Autre nécessité : celle de trouver de nouveaux membres. Il fut un temps où venir à Attac était un processus presque naturel. Nous sommes dans une situation où l’engagement semble craint. On doit donc faire des efforts pour être attractifs, en particulier vis-à-vis de « jeunes » qui voudraient participer à nos activités.

7. Ceci implique d’insister sur trois points :

- rendre l’association et la locale accueillante pour les jeunes qui veulent prendre des engagements et des initiatives ;

- valoriser tous les aspects organisationnels, indispensables pour la bonne marche de la locale ;

- avoir une orientation politique plus claire, plus stricte et plus orientée vers une société radicalement différente de celle gérée actuellement ; ce qui signifie sans doute centrer davantage notre discours et nos actions.

8. On n’a pas réussi à vraiment accueillir de nouvelles personnes depuis environ un an. On n’y a plus réfléchi non plus. Les initiatives prises lors du Festival n’ont pas vraiment marché. On devrait avoir une stratégie définie pour avoir des membres en plus, mais surtout des gens qui participent activement ; ce qui est le problème principal. Peut-être cela devrait-il être la responsabilité de quelqu’un d’y réfléchir, de proposer des solutions qu’on pourrait expérimenter et d’en tirer des conclusions ? C’est un point qu’on devrait discuter beaucoup plus souvent au secrétariat.

9. Les aspects organisationnels sont les parents pauvres de la locale. On les débat très rarement. Ils sont fréquemment négligés. Il y a des choses élémentaires comme avoir un ordre du jour à une réunion, la tenir avec un timing strict, faire des rapports ou comptes rendus des activités de la locale... Il y en a d’autres qui semblent même impensables à certains comme préparer une réunion pour qu’elles se déroulent selon le timing prévu (quand il y en a, bien sûr). Mais il y a aussi les tâches dites ingrates ou invisibles qui devraient être soutenues et valorisées comme la tenue des comptes pour l’association, la partie technique du site qui nous permet de placer directement sur le web nos annonces, communiqués et articles, l’organisation nécessaire pour avoir un journal. Et il y a celles qu’on n’envisage même pas comme la gestion des stands, la tenue du matériel de ces stands, la « mise au travail » de nouveaux membres, la recherche de nouveaux membres... Cela ne vaudrait-il pas la peine d’avoir pour ces tâches des personnes qui les prennent en charge ? Au secrétariat de les soutenir, de traiter les dossiers qu’elles présenteraient et de les faire appliquer. Ce serait, d’autre part, l’occasion pour des nouveaux de rentrer dans l’association et d’y être directement très utiles. Et de faire plus ou autre chose par la suite.

Réclamer le programme !

10. Attac est une association altermondialiste, mais qui reste vague et flou sur le contenu de ses propositions. Partie sur le problème de la fiscalité pour mieux répartir les richesses, elle s’est rapidement emparée d’autres thèmes comme les institutions internationales, la dette du tiers-monde, la construction européenne, la guerre... Mais, maintenant, son champ d’activité est assez large et vague. Même s’il y a eu une radicalisation en ses rangs, notamment par rapport à la construction européenne. Les dix principes qui ont été adoptés par une série d’Attac en Europe (mais pas par Attac Wallonie-Bruxelles) est un texte fort général, pas très bien écrit, avec des contradictions, beaucoup d’imprécisions et peu d’impact en termes de revendications ou même d’orientations.

11. La question qu’on devrait se poser est : pourquoi Attac est-il nécessaire ? pourquoi faire partie d’Attac ? L’avantage d’Attac est d’être un mouvement de citoyens, sans organisation formalisée (donc pouvant rapidement agir et décider), élaborée à un niveau international et composé en majeure partie par des « intellectuels ». Sa principale force est de pouvoir avancer des propositions ou des solutions réfléchies et argumentées et de pouvoir les propulser dans plusieurs pays en même temps. En revanche, elle va avoir plus de mal à les imposer de sa propre volonté, car il lui manque une base suffisamment nombreuse pour cela. Et le lobbying a un effet très limité. En cela, Attac est une association « inverse » au syndicat, très structuré, souvent bloqué par des alliances avec des partis sociaux-démocrates (ou d’autres), mais avec une base généralement nombreuse.

Principaux thèmes de travail

12. Il faut savoir ce qu’on va proposer et le faire à un niveau international (au moins européen). C’est pourquoi il faut centrer les revendications et non sauter sur tout ce qui bouge, ce qui a pour effet de nous disperser et de nous affaiblir. Elles devraient s’axer sur les thèmes suivants :

- un programme d’amélioration du sort des salariés, allocataires sociaux, indépendants à bas revenu, défendu à l’échelon européen avec un processus de convergence vers les meilleures situations sociales ;

- la démocratie par la participation active des tous les citoyens aux processus de décision, ainsi que la défense des droits et des libertés démocratiques. Cela devrait être la base de la critique de l’Europe institutionnelle actuelle (en opposition avec ceux qui veulent changer l’Europe de façon institutionnelle : on change l’institution et oups, on aurait la démocratie) ;

- l’opposition à la guerre et aux principaux promoteurs de celle-ci, les faucons de Washington ;

- le droit des pays du tiers-monde d’avoir un développement propre et indépendant, et, au-delà de divergences possibles sur certains aspects de leurs politiques, critique et dénonciation des ingérences (surtout américaines et européennes) dans les affaires de ces Etats, et enfin soutien aux mouvements et groupes qui se battent dans leur pays pour atteindre ce développement autonome et indépendant.
Il y a quatre thèmes et cela paraît largement suffisant.

une orientation commune pour les événements à venir

13. Nous préparons divers événements où nous aurons à proposer une alternative aux politiques socio-économiques européennes actuelles. Il y a d’abord l’université d’été d’Attac Europe du 1er au 6 août 2008, ensuite le Forum social européen du 17 au 21 septembre. Ensuite, nous voulons écrire un Mémorandum pour les élections européens et organiser une activité (une conférence ?) lors du sommet européen de printemps 2009.
Pour cela, il serait bon d’avoir une orientation commune. Celle-ci pourrait être fondée sur les trois points centraux suivants :

- la promotion des services publics : face à l’échec de l’économie dite « de marché » à assurer le bien-être commun- revendiquons des services publics, mais différents de ceux qui ont été créés et gérés auparavant ; ils doivent avoir pour but premier l’accessibilité de tous aux services qu’ils rendent et non la rentabilité ou la faiblesse du coût pour les pouvoirs publics ; ils doivent être soumis aux contrôles des syndicats et des citoyens. Les principaux secteurs qui devraient rester ou rentrer dans le giron de l’Etat sont l’énergie, le transport et le logement, trois domaines clés pour la vie des gens ; mais la poste, l’eau, la santé, l’enseignement et la finance, par exemple, devraient aussi être sous mainmise publique ;

- la fiscalité doit pouvoir assurer le financement de ces services publics, leur permettant de respecter leur mission première ; cela peut être réalisé par l’impôt sur la fortune, la hausse et l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés... ;

- le salaire minimum exprimé en % du PIB par pays européen et un processus de rattrapage pour les pays les moins avancés socialement.

Ceci représente pour nous l’amorce d’un changement en faveur d’une autre société sur le plan socio-économique.

Du local à l’international et vice-versa

14. C’est pour cela qu’on doit investir aussi dans les structures nationales et internationales de l’association : la coordination, l’université d’été d’Attac Europe, le FSE, etc. Certaines tâches effectuées au niveau de la locale pourraient être exercées au niveau national. S’il y a un journal de la coordination digne de ce nom, il n’est pas obligatoire d’avoir son pendant dans la locale. Il vaudrait mieux collaborer à l’édition nationale et insérer les activités de la locale dans celle-ci, par exemple. Le groupe Europe n’a pas vocation à définir ou à réfléchir sur une ligne bruxelloise de l’Europe.

15. Le nouveau secrétariat doit avoir l’ambition de réaliser ce programme.

A discuter lors de l’AG du 21 juin :

- Prenons-nous une orientation politique convergente ? si oui, laquelle ? défendons-nous le programme socio-économique présenté ci-dessus lors des activités prochaines comme l’université d’été d’Attac Europe, le Forum social européen et le Mémorandum pour les élections européennes ?

- Quelle place donnons-nous à la jeunesse dans notre organisation ? Acceptons-nous d’y accorder une importance particulière ? Et quelles initiatives prenons-nous pour réaliser cet objectif ?

- Quelles mesures prenons-nous pour accorder à l’organisation une importance plus grande ?

- Quelle politique choisissons-nous de suivre vis-à-vis de la coordination Attac Wallonie-Bruxelles ? Décidons-nous d’investir le niveau national ?


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